PESTICIDES
Qu'en pensent les partis belges ?
12 partis, 12 points de vues
La qualité de l'eau de notre pays est régulièrement affectée par la présence de pesticides. Malgré un encadrement de plus en plus strict, la problématique subsiste. Et pour cause, l'utilisation et la règlementation des pesticides en Belgique est un sujet on ne peut plus clivant. Derrière ce débat animé se cache en réalité des visions foncièrement différentes en ce qui concerne l'avenir de notre agriculture moderne. Entre confiance en l'innovation et remise en cause des dynamiques de production agricole, ce sont des enjeux capitaux qui sont actuellement au centre des discussions politique en Belgique comme ailleurs en Europe.
Voilà pourquoi EauTrouble vous propose de faire un tour d'horizon des positions des principaux partis belges en ce qui concerne l'utilisation des pesticides, et ce dans une année qui sera marquée par les élections européennes, fédérales et régionales du 9 juin prochain. Une exploration de 12 points de vues à travers les positions de 12 partis.
Il ne vous reste plus qu'a scroller.
QUI DIT QUOI?
PTB
- "Nous encourageons l'agroécologie pour réduire la dépendance vis-à-vis des semences, engrais, pesticides des grands monopoles. Nous interdisons toute publicité et vente combinées de ces produits."
Programme 2024 du PTB, rubrique Agriculture.
- "Nous mettons à contribution les grands propriétaires et industriels, les géants de l’agroalimentaire et les producteurs de pesticides, responsables de la perte de biodiversité, pour créer un fonds de restauration solidaire."
Programme 2024 du PTB, rubrique Biodiversité.
PS
- Réduire considérablement l’utilisation des pesticides privés et agricoles. Dans le cadre des plans d’action nationaux pour la réduction des produits phytopharmaceutiques (NAPAN), au niveau fédéral et régional, des objectifs concrets de réduction des pesticides doivent être fixés lorsqu’ils nuisent à la santé et/ou à la biodiversité.
Programme 2024 du PS, page 135.
- Retirer les pesticides de la vente dès qu’il y a une suspicion de nocivité dans les conditions normales d’utilisation, tout en aidant les agriculteurs à trouver des alternatives inoffensives. Il s’agit notamment d’encourager la recherche pour développer des biopesticides et des techniques agroécologiques adaptées comme alternative aux pesticides chimiques.
Programme 2024 du PS, Page 136.
- Soutenir, à l’échelle européenne, un programme de suppression complète, à l’horizon de 2030, des pesticides les plus dangereux pour l’environnement et/ou pour la santé. Il faudrait dans ce cadre soutenir la recherche et le transfert de savoir (depuis la recherche vers les agriculteur.rice.s et les conseiller.ère.s agricoles, et entre pairs) pour minimiser le recours aux pesticides, quels qu’ils soient, et identifier les solutions techniques alternatives (contrôle biologique, structure du parcellaire agricole, rotations, etc.) qui participent aussi à la régulation des pestes et des ravageurs. A défaut d’interdiction immédiate, une directive européenne sera adoptée pour taxer les pesticides au niveau européen. Cette taxe alimentera un fonds européen de transition.
Programme 2024 du PS, page 555.
- Renforcer les règles d’épandage et veiller à la création systématique et au respect des zones tampons à l’épandage des pesticides à proximité des cours d’eau, des zones de captage, des habitations et des hôpitaux. En concertation avec les agriculteurs, une distance de 20 mètres pourrait être appliquée afin de réduire l’impact des pesticides sur la santé des riverains et sur les ressources en eau. Un accompagnement des agriculteurs sera nécessaire pour les aider à faire évoluer progressivement leur système de culture.
Programme 2024 du PS, page 556.
- Appliquer, au niveau fédéral, d’une manière stricte et rigoureuse la réglementation et les principes de droit européen visant à sortir progressivement et concrètement de l’usage des produits phytosanitaires. Dans ce cadre, le fonctionnement de l’unité́ Pesticides au sein du SPF Santé Publique, Sécurité́ alimentaire et environnement doit être transparent. Les autorisations de pesticides doivent également être fondées sur des expertises scientifiques indépendantes. Par ailleurs, les alternatives non chimiques doivent être considérées dans le cadre des évaluations comparatives.
Programme 2024 du PS, page 557.
Écolo
Notre dépendance aux pesticides fragilise notre modèle agricole en le rendant particulièrement vulnérable aux aléas environnementaux et climatiques ; en appauvrissant son sol et son fonctionnement naturel (destruction de la biodiversité) et en n'encourageant pas la diversité génétique et la mixité des cultures qui renforcent la résilience. Cela rend notre système dépendant de l'approvisionnement étranger en substances et donc du prix et de la disponibilité de ces substances sur les marchés internationaux. Pourtant, nous savons aujourd'hui nous passer des pesticides grâce à des pratiques agricoles biologiques qui sont tout à fait à même de nourrir l'ensemble des Européen·nes. Nous souhaitons donc réduire et puis supprimer l'usage des pesticides chimiques de synthèse en commençant par interdire les plus problématiques pour la santé et l'environnement. Nous voulons également mieux protéger certains publics sensibles (les agriculteurs et agricultrices, les résident·es proches de champs pulvérisés, les lieux d’accueil et de vie des enfants, etc.) et certains milieux naturels (réserves naturelles, zones de captage) grâce à des zones tampons.
Programme 2024 d'Écolo, chap 1.11. Développer l'agroécologie et en finir avec les pesticides.
DéFi
Favoriser l’implantation d’exploitations neutres en carbone. La Région wallonne et les Provinces soutiendront financièrement le développement d’exploitations visant spécifiquement à compenser l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre produites pour atteindre un bilan neutre en termes d’empreinte sur le climat. Dans ce cadre, il valorisera les biomasses produites par les cultures secondaires (inter-cultures) et les co-produits des cultures principales à des fins énergétiques, tout en valorisant le digestat d’unités de biométhanisation, et en minimisant l’utilisation d’intrants (produits de protection des plantes, engrais et carburant) qui induisent des émissions importantes de gaz à effet de serre. Cette dynamique doit s’inscrire dans le déploiement d’une vision systémique.
Programme 2024 de DéFI, axe 5 : Concilier développement durable, économie et libertés, page 79.
Les Engagés
Dans le cadre du Pacte vert, la Commission européenne, mais aussi la Belgique et la Wallonie se sont engagées à diminuer leur usage de pesticides de plus de 50 % d'ici 2030. Nous souhaitons passer progressivement à une agriculture sans produits phytosanitaires de synthèse nocifs pour l’environnement et la santé (ex. les insecticides, les engrais chimiques azotés, les fongicides, les herbicides et anti-dicotylédones, les produits vétérinaires), une agriculture qui devra également être respectueuse de la conservation des sols. L’objectif est qu’en 2040 au plus tard, la production belge soit idéalement labellisée 100 % sans produits phytosanitaires ou bio (voir aussi partie Agriculture du programme). Les différents secteurs concernés devront être parties prenantes à ces évolutions, et être soutenus notamment financièrement. Actuellement, l’Europe interdit plusieurs pesticides sur son territoire pour des raisons de santé publique, même si elle se comporte parfois de manière paradoxale (cf. accord commercial avec la Nouvelle-Zélande permettant l’importation de produits traités avec des pesticides pourtant interdits depuis des décennies en Europe). Mais ces produits prohibés ne sont pas interdits à l'exportation et de nombreux pays européens continuent de produire des pesticides dangereux et de les exporter vers le reste du monde. Les produits alimentaires traités avec ces produits se retrouvent donc toujours sur nos étals via les importations. C’est un véritable non-sens environnemental et sanitaire, et aussi une concurrence déloyale flagrante pour nos agriculteurs. Il faut sortir des pesticides, mais pas uniquement à l’échelle nationale ou européenne. Cette sortie doit se faire avec un soutien particulier dédié aux agriculteurs (nouveaux investissements, formations…) pour qu’ils puissent rester compétitifs tout en instaurant en parallèle des clauses miroirs pour éviter la concurrence déloyale et une distorsion de marché néfaste pour nos agriculteurs. Concernant la problématique des intrants, et de l’enrichissement des écosystèmes (et particulièrement en milieu agricole), nous voulons :
- Renforcer la résilience des systèmes agricoles.
- Développer le maillage écologique au sein des zones agricoles.
- Garantir des aliments sains, créer des conditions équitables pour nos agriculteurs, assurer la cohérence de la politique commerciale européenne et protéger l'environnement et la santé sur une base plus large
- Imposer qu’en 2030 au plus tard, les produits agricoles importés en Belgique soient garantis sans résidu de pesticides. Cela évitera une concurrence déloyale pour les producteurs du pays et permettra de préserver la santé des consommateurs.
- Mettre en place un Fonds national et européen d’indemnisation pour les victimes de pesticides, financé par les sociétés qui les produisent.
- Inclure dans les accords commerciaux négociés des clauses miroirs et des objectifs d'engagement contraignants pour l'utilisation des pesticides.
- Interdire la fabrication, la circulation, le stockage et l'exportation vers des pays tiers de pesticides contenant des substances actives dont l'utilisation est interdite dans l'Union européenne.
- Demander une définition européenne uniforme du terme « produit sans résidu de pesticides ».
- Élargir les bandes tampons sans pesticides et les opérationnaliser entre les zones agricoles et les habitations, les établissements scolaires et autres lieux accueillant des enfants (aires de jeux, crèches).
- Interdire la publicité pour les pesticides, leur promotion ou leur vente liée (engrais, semences…) à usage privé et professionnel.
- Interdire toute vente de produits phytopharmaceutiques aux particuliers. Seuls les biopesticides et pesticides à faible risque pourront être vendus.
- Soutenir et accompagner en ce compris financièrement l’orientation des producteurs wallons vers des produits de très haute qualité utilisant le minimum nécessaire de produits phytopharmaceutiques et d’antibiotiques. Pour cela, l’accompagnement devra être le plus concret en chiffrant les coûts et bénéfices liés aux choix d’alternatives plus durables.
Programme 2024 des Engagés, page 125.
MR
- Nous soutenons les initiatives comme l’agroforesterie, l’agroécologie ou encore l’agriculture régénérative à condition qu’elles visent à s’inscrire dans les objectifs que la société attend d’elles : une nourriture variée, abordable, saine et en quantité suffisante. Il faut dans le même temps continuer à trouver des alternatives aux molécules identifiées comme étant celles dont il faut se libérer (cf. plan de réduction des produits phytosanitaires) et il faut continuer à améliorer les moyens de fertilisation et d'amendement des sols afin de limiter les externalités négatives. Nous pensons que les modèles alternatifs d’agriculture ont toute leur place dans l’éventail de solutions qui s’offrent aux producteurs à condition qu’ils ne créent pas une concurrence déloyale au sein du secteur d’une manière générale. Il y a une possibilité d’évoluer vers toujours plus de durabilité : en donnant les moyens aux agriculteurs de faire une exploitation « sur mesure » de leur outil de travail. L’accès aux technologies, aux savoir-faire et aux bonnes semences permet d’atteindre nombre d’objectifs que nous poursuivons : moins d’engrais, moins de pesticides, moins d’antibiotiques, plus d’humus dans les sols, moins de dégradations de la structure et d’érosion, plus de carbone capté, etc.
Programme 2024 du MR, page 46.
- Il faut également renforcer les recherches agronomiques et génomiques pour rendre plus robustes les sols et les cultures aux évènements extrêmes. Il y aura des innovations technologiques, génomiques, des investissements dans des infrastructures de génie civil mais également des évolutions dans les pratiques de culture et de pâturage. Ce sont les centres de recherches qui doivent être à l’avant-plan pour établir ces constats scientifiques. Nous plaidons pour revoir considérablement leurs financements et leurs objectifs, quitte à les adosser avec des acteurs privés pour avoir des impacts plus massifs et réaliser de véritables percées scientifiques. Au-delà du préventif, nous continuerons à développer les outils économiques permettant de se prémunir contre les évènements météorologiques une fois qu’ils sont advenus. Ainsi, les assurances climatiques doivent pouvoir être étudiées pour prémunir au mieux les exploitants contre les risques.
Programme 2024 du MR, page 48.
Groen
- Nous voulons l'interdiction des pesticides, et d'ici là des zones sans pesticides à proximité des zones résidentielles pour protéger notre santé et en particulier celle des enfants.
Programme 2024 de Groen, page 21.
Nous souhaitons l'interdiction des pesticides et autres substances nocives dans nos assiettes
Programme 2024 de Groen, page 29.
- Nous ne voulons pas seulement plus d'eau, mais une eau plus saine. Des rivières potables et des eaux de baignade saines partout en Flandre : avec une bonne politique de l'eau, c'est tout simplement possible. La qualité de notre eau est mise à rude épreuve parce qu'aujourd'hui, trop de produits chimiques, de métaux lourds, de fumier et de pesticides peuvent être déversés dans les canaux, les ruisseaux et les rivières. Cela a également un prix économique, car plus l'eau potable est polluée, plus il est coûteux de la purifier.
Programme 2024 de Groen, page 30.
- Nous voulons protéger nos rivières et nos cours d'eau des pesticides et du fumier afin qu'ils soient moins pollués
Programme 2024 de Groen, page 30.
Vooruit
- Nous réduisons au minimum l'utilisation de pesticides et d'autres substances toxiques nuisibles à la nature, à l'environnement et à la santé.
Programme 2024 de Vooruit, page 182.
- Nous encourageons l'utilisation du passeport des sols et des éco-réglementations afin d'améliorer la qualité des sols et la biodiversité et de réduire la dépendance à l'égard des pesticides et des engrais. Dans certains cas, nous limitons les choix de culture des agriculteurs pour garantir la qualité des sols. Nous créons ainsi un secteur agricole capable de garantir notre sécurité alimentaire à long terme.
Programme 2024 de Vooruit, page 189.
CD&V
À notre époque, contrairement au passé, l'agriculture réussit bien à produire des denrées alimentaires. Pourtant, nous rencontrons encore souvent des problèmes lorsqu'il s'agit de répartir équitablement cette production. En ce qui concerne la production, nous devons veiller à ne pas l'entraver par des réglementations inutiles ou inefficaces, telles que des règles trop strictes en matière d'utilisation des terres, de gestion de l'eau, d'engrais et de protection des cultures. En ce qui concerne la distribution des denrées alimentaires, nous devons aller au-delà des relations inégales entre les producteurs prospères du Nord et les consommateurs pauvres du Sud. Nous devons également nous pencher sur notre dépendance à l'égard des importations en provenance de pays extérieurs à l'Union européenne, à la fois pour répondre à nos besoins quantitatifs en nourriture et pour garantir la disponibilité d'aliments sains et sûrs.
Points clés
Pour le cd&v, la politique agricole doit faire en sorte que les agriculteurs puissent cultiver leur terre :
- En facilitant l'accès au capital ;
- En se concentrant sur la recherche appliquée et les techniques innovantes ;
- En imposant des conditions de durabilité réalisables pour l'environnement, la nature, le climat et l'énergie ;
- En imposant des restrictions sociales, environnementales, de santé publique et de bien-être animal aux importations en provenance de l'extérieur de l'Union européenne.
Standpunten CD&V, chap. Landbouw, publié le 27/03/2024.
Open VLD
(Unique position trouvée sur le sujet de l'agriculture)
- L'avenir de notre agriculture ne réside pas dans la polarisation, mais dans l'esprit d'entreprise et l'innovation. Pour nous, l'agriculteur en tant qu'entrepreneur occupe une place centrale, sans pour autant perdre de vue l'attention portée au bien-être mental. Les aides publiques doivent donc bénéficier autant que possible directement à l'agriculteur. Cela devrait inclure plus de place pour l'innovation et moins de règles.
- Nous devons donner de nouvelles perspectives à nos agriculteurs ! Pour ce faire, nous ne devons pas surcharger le chariot. Nous veillons à réduire la charge administrative et à offrir plus de certitude à nos agriculteurs.
Standpunten Open VLD, chap. Klimaat, energie en omgeving.
N-VA
(Unique proposition trouvée sur le sujet de l'agriculture)
La force de l'agriculture et de l'horticulture flamande réside dans la qualité de nos produits. Le manque d'espace rend l'expansion très difficile dans de nombreux cas. Cela freine la concurrence avec les agriculteurs étrangers, mais ouvre la voie à d'autres modèles de revenus plus qualitatifs.
Les petites exploitations peuvent mieux faire face à cette concurrence en élargissant leur éventail de tâches (fermes d'accueil et de soins pour enfants, vente à petite échelle, transformation à domicile, tourisme à la ferme, jardins d'autocueillette, etc.), mais aussi en adoptant des pratiques agricoles respectueuses de la nature et réparatrices issues de l'agroécologie. Tout en respectant les limites écologiques, les grandes exploitations peuvent s'engager davantage dans une intensification écologique qui maximise l'utilisation des flux résiduels locaux dans les champs et l'alimentation animale.
Standpunten N-VA, chap. Landbouw.
VLAAMS BELANG
(Unique position trouvée au sujet de l'agriculture)
Le secteur agricole est un secteur stratégique qui assure notre approvisionnement alimentaire. Grâce à la qualité de nos produits, c'est aussi un secteur d'exportation important. Malheureusement, des nuages sombres s'amoncellent sur le secteur agricole flamand. Le nombre d'entreprises agricoles et horticoles a chuté de 95 % depuis 1950 pour atteindre 23 218. Près de deux agriculteurs démissionnent chaque jour. Le vieillissement de la population entraînera la disparition d'encore plus d'exploitations dans les années à venir, car seule une sur huit a un successeur. En outre, les agriculteurs sont constamment couverts de tous les péchés écologiques du monde, malgré leurs efforts financiers et leurs investissements continus pour réduire leur empreinte écologique. Il est clair que les gens ne font pas confiance aux agriculteurs et au progrès technologique. L'incertitude l'emporte toujours. Le travail ne peut pas continuer ainsi.
Pour le Vlaams Belang, l'agriculture est un secteur stratégique qui garantit la sécurité alimentaire.Ne commettons pas la même erreur que dans le secteur de l'énergie.Sans notre agriculture, nous risquons de devenir trop dépendants de l'étranger pour notre alimentation.Et sans sécurité d'approvisionnement, les prix des denrées alimentaires pourraient dérailler aussi rapidement que ceux de l'énergie.Les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) montrent également que les aliments produits localement ont l'impact climatique le plus faible au monde.Nous devrions en être fiers.Notre parti souhaite donc une politique agricole rationnelle qui offre à nos agriculteurs une sécurité juridique et qui ne leur impose pas des taxes sur les produits agricoles.
Programme 2024 du Vlaams Belang, page 60.

