Le Chronographe

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Valoriser le lieu

La Chapelle de Saint-Lupien, un lieu d’exception

Le site archéologique de Saint-Lupien à Rezé, un espace hors du temps en plein coeur de la  métropole nantaise. Nous y découvrons des vestiges gallo-romains d’une grande richesse,  le musée archéologique, Le Chronographe, et une mystérieuse chapelle. Immersion dans ce  lieu d’exception.  

Ce matin-là, aux alentours de sept heures, le soleil se lève sur la commune de Rezé, dans la  métropole Nantaise. La lumière se glisse entre les feuilles des arbres et vient éclairer les deux  hectares de verdure du site archéologique de Saint Lupien. Il fait encore frais mais nous sentons  déjà que ce sera une belle journée ensoleillée qui saura mettre en valeur la beauté des lieux. Sans  compter le chant des oiseaux et le passage de quelques promeneurs, le site est encore désert et  parfaitement calme. 

En arrivant sur les lieux, c’est un monument, trônant au centre du site, qui retient notre attention :  une chapelle, simple d’extérieur mais qui, nous le savons déjà, cache de nombreux secrets  historiques. Il est impossible de l’ignorer : ses murs, clairs et parfaitement entretenus, captent la  lumière du soleil et contrastent avec la verdure du paysage.  

C’est donc pleines de curiosité que nous pénétrons dans le lieu. Une lourde porte en bois s’ouvre  dans un grincement et nous révèle l’intérieur de la chapelle. Nous découvrons une vaste nef, haute  de plafond. L’espace est assez lumineux, les rayons du soleil s’invitant à l’intérieur de la chapelle à  travers les haut vitraux. Le regard est instinctivement attiré par ces derniers : au travers, nous  pouvons apercevoir un ciel sans nuage et la cime des arbres. 

Pour la suite de la visite, nous empruntons l’escalier en fer sur notre droite pour finalement  accéder au sous-sol de la chapelle. En effet, c’est une fois en bas, dans un espace plus étroit et à  l’abri de la lumière, que toute la richesse archéologique et historique du lieu est révélée. Nos yeux  se posent sur des vestiges datant de nombreux siècles, qui témoignent des différentes  occupations du site depuis l’Antiquité. C’est ce voyage à travers les époques qui nous fait enfin  prendre conscience du caractère exceptionnel du lieu.

Quelques instants plus tard, nous ressortons de la chapelle. La porte se referme lentement  derrière nous, concluant notre visite dans un claquement. Éblouies par le soleil, nous retrouvons la  chaleur du dehors après cette visite à l’ombre des pierres. Nous nous éloignons du site et un  dernier coup d’oeil vers la Chapelle de Saint-Lupien me donne une drôle d’impression : elle me  semble plus grande, plus majestueuse encore qu’à notre arrivée.

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Les missions du Chronographe

Voici les premiers visuels avec les deux premiers chapitres de notre mini-série de carrousels. 

Nous avons décidé de nous concentrer sur quatre lieux autour du Chronographe : la chapelle, la route qui relie Nantes et Pornic, les vestiges et le bâtiment du chronographe.

Léna Hessing, médiatrice au Chronographe nous a accord une interview au sein même du musée rezéen. L’inclusion et les étudiants sont au coeur de cet entretien.

Nous sommes ensuite allés recueillir les avis des étudiants nantais sur ce sujet au travers d’un micro-trottoir à découvrir juste après l’interview...

Bonjour Léna, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je viens d’une licence Histoire de l’art archéologie, j’ai poursuivi avec un Master histoire de l’art médiéval. Ensuite, je suis directement rentré dans le monde du travail après le master recherche. J’avais déjà une activité de médiation dans le milieu associatif. Grâce à ça, j’ai trouvé un travail dans un musée de préhistoire. Après 2 ans et demi, le musée a entamé une phase de rénovation, il a donc fermé. J’ai décidé de changer de travail et je suis allé travailler au musée de Valence pendant 8 ans en tant que médiatrice en archéologie. C’était un musée qui rouvrait,  ça a commencé par l’écriture de l’intégralité des textes du parcours en coordination avec les archéologues et les scientifiques qui travaillaient sur chaque période. L’ouverture du musée a amené plein de projets avec des publics différents, des projets de médiation, des expositions temporaires, de l’événementiel. J’ai candidaté pour ce poste au Chronographe en décembre et je suis arrivé le 1er mars pour ce poste de chargé des publics et médiation.

La médiation dans un musée c’est quoi ?

La médiation c’est un terme qui recouvre pas mal de réalités. La médiation culturelle, c’est faire le lien entre l’institution, le lieu, les collections et les publics. Je dis “les” publics, car il n’y en a pas qu’un seul mais plusieurs avec qui il faut créer un lien différent. La mise en place de ce lien passe par l’écrit, l’oral, le numérique, la danse, le théâtre, en gros la seule limite c’est l’imagination et l’argent.

La médiation c’est aussi de l’inclusion, mais c’est quoi l’inclusion dans un lieu culturel ?

Alors, c’est un sujet auquel on peut répondre par une thèse de 500 pages. C’est un sujet très vaste qui regroupe plein de réalités complexes. C’est très difficile de le résumer en deux ou trois phrases, mais pour moi l’inclusion c’est le fait que n’importe qui, avec n’importe quel bagage culturel, situation physique, géographique, mentale, dans n’importe quel état de sa journée puisse se sentir le bienvenu et se sentir concerné par ce dont on parle. On pense d’abord aux personnes en situation de handicap avec les rampes mises en place et les aménagements nécessaires. On a aussi tous les dispositifs pour les personnes avec un déficit sensoriel mais il y a aussi la question de l’accessibilité du contenu et de l’inclusion du contenu. La manière de raconter l’histoire peut donc être inclusive ou vectrice d’exclusion. L’inclusion c’est raconter l’histoire de tout le monde, pour tout le monde.

Avez vous déjà mis en place des actions pour sensibiliser des publics éloignés du monde la culture  ?

Nous sommes fermés depuis mon arrivée, mais j’ai tout de même commencé à lancer des projets, je ne sais pas s’ils marcheront mais par exemple nous voulons mettre quelque chose en place avec des jeunes qui sont suivis par le système judiciaire. Mais nous venons seulement de nous rencontrer avec les encadrants donc je ne sais pas si nous mènerons ce projet jusqu’au bout. C’est une des idées que nous avons pour l’instant. 

Vous êtes implanté à Rezé, du fait de la situation archéologique mais cela fait aussi du Chronographe un des seuls musées en périphérie de Nantes, est-ce que c’est important pour vous de proposer une offre culturelle en dehors du centre ville ? 

Oui, parce qu’un des principaux freins de la vie des musées, c’est aussi la question de la proximité et du trajet. On est le seul musée de Nantes Métropole en dehors du centre-ville. Nantes Métropole a vraiment vocation à ne pas être focalisée uniquement sur Nantes, mais souhaite rayonner sur l’ensemble des communes de la métropole. Sauf que historiquement, les offres culturelles sont concentrées dans les centres-villes des grosses agglomérations. Il y a donc une relation de proximité avec la commune de Rezé, le site étant fouillé depuis longtemps. C’est un endroit qui fait partie de la vie des habitants du quartier. 

Comment faites vous pour rendre attractif un un lieu comme le Chronographe, dédié à l’archéologie ? 

L’archéologie est beaucoup plus cool que les beaux-arts, on a une image beaucoup moins élitiste que les beaux-arts, donc ça, c’est vraiment chouette. L’archéologie c’est quelque chose de très terre-à-terre. Il y a aussi un imaginaire collectif beaucoup plus chargé au niveau de l’archéologie. On va piocher dans des choses qui sont du rêve, des trésors, de l’enfance. Ici, le parti-pris c’est d’avoir une démarche expérimentale. Tout le parcours permanent est fait pour expérimenter l’archéologie, que ce soit le geste, le travail et surtout la démarche de l’archéologue. 

Comment faites vous pour rendre attractif un un lie

L’archéologie est beaucoup plus cool que les beaux-arts, on a une image beaucoup moins élitiste que les beaux-arts, donc ça, c’est vraiment chouette. L’archéologie c’est quelque chose de très terre-à-terre. Il y a aussi un imaginaire collectif beaucoup plus chargé au niveau de l’archéologie. On va piocher dans des choses qui sont du rêve, des trésors, de l’enfance. Ici, le parti-pris c’est d’avoir une démarche expérimentale. Tout le parcours permanent est fait pour expérimenter l’archéologie, que ce soit le geste, le travail et surtout la démarche de l’archéologue. 

Et dans le futur comment souhaitez vous intégrer les étudiants dans une démarche d’expérimentation de l’archéologie ?

C’est un public qu’on cherche à toucher, mais pour moi c’est une question d’âge. Les musées sont des endroits où vous êtes venus avec l’école ou avec vos parents ; c’est lié à quelque chose qu’on visite en famille, à l’image de la randonnée. Adolescent ça peut être un calvaire, mais potentiellement, on peut redécouvrir le plaisir vers 25-30 ans. Mais là où ce n’est pas vrai, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui ne sont jamais venus au musée avec leurs parents. Là, il y a quelque chose qui est complexe à toucher et ce sont des personnes très éloignées, ce sont les gens qu’on cherche vraiment à toucher. La médiation doit proposer des solutions singulières. Il y a quelques années, le Chronographe a participé aux Fanfaronnades. Le site nous permet d’attirer des jeunes qui découvrent le Chronographe et qui pourraient revenir un autre jour pour visiter le musée. L’objectif c’est de faire une proposition culturelle un peu décalée dans un endroit que les gens ne connaissent pas forcément afin d’attiser de la curiosité. 

Le pass culture se déploie dans les Pays de la Loire, une bonne nouvelle pour le Chronographe ? 

Oui plutôt, ça touchera 800 000 personnes qui entrent dans la classe d’âge du pass culture. Après, il faudra avoir du recul pour voir comment s’est utilisé et pourquoi s’est utilisé. 

Est-ce que vous pouvez créer des événements pour les jeunes autour du Chronographe ? 

Oui, on peut envisager ça. On peut faire des choses complètement barrées ici, on ne s’interdit rien, à part de ne pas être pertinent. Il faut que nous mettons en place des événements qui aient du sens. Le château des ducs avait fait venir un groupe du Hellfest dans le cadre de l’exposition sur les Vikings. Le groupe représentait l’identité Viking donc l’idée était  top, il y avait du sens. 

Dans le domaine de l’archéologie, qu’est ce qui est possible de faire ? 

Plein de choses. En fait, il y a beaucoup d’artistes contemporains qui travaillent sur des notions abordées en archéologie comme par exemple la mémoire. Il y a beaucoup de choses à faire avec l’art contemporain plastique, mais aussi avec la musique, le cinéma ou encore le théâtre.

Avec l’accès au numérique et particulièrement chez les étudiants, comment comptez-vous sensibiliser cette génération hyper-connectée en s’adaptant à leurs codes ? 

Je pense qu’aujourd’hui avec la covid on est tous dans cette génération hyper-connectée. Dès 2017, le Chronographe avait misé sur une forte présence du numérique dans l'exposition permanente, avec des outils très simples d’utilisation qui permettent d'expérimenter l’archéologie. En revanche, lors de la période de fermeture nous n’avons pas fait de visite virtuelle, mais des “hors les murs” en maintenant notre contact avec les établissements scolaires. Pour ce qui est du site internet et des réseaux sociaux, nous nous adaptons à chaque fois au ton spécifique de chaque réseau.

Y a-t-il assez d’efforts faits de la part des lieux d’études pour inclure les étudiants à la vie culturelle ?

Les lieux culturels font-ils assez d’actions pour attirer les étudiants ?

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Au coeur des coulisses

Chronographe : Médiatrice culturelle, un métier clé pour le musée

À quelques minutes de l’île de Nantes, dans un écrin de verdure, apparaît le Chronographe. Le musée regroupe une richesse de métiers afin de proposer aux visiteurs une expérience toujours plus interactive. C’est avec Solenn Vernay, médiatrice culturelle au Chronographe, que nous découvrons la face cachée des métiers de l’archéologie.

“La médiation culturelle c’est faire le lien entre les collections et le public” nous raconte Solenn Vernay. Son poste joue un rôle fondamental dans la visite du musée car il permet de créer des animations et du contenu qui vont pouvoir rendre les collections du musée accessibles à un public intergénérationnel. 

S’adapter face à différents public

Ce métier, souvent peu connu des visiteurs, demande une grande adaptabilité. Pour répondre aux enjeux du musée, la médiatrice culturelle doit rester à l’écoute de son public et s’adapter à eux pour trouver le bon discours. En discutant avec cette dernière, elle nous confie que si pendant une visite il y a une majorité d'enfants, il va falloir adapter son discours pour réussir à capter leur attention tout en gardant celle des adultes.

La passion d’un métier passionnant 

Ce qui lui plaît le plus dans ce métier, c’est d’être sur le terrain et l’histoire des objets. On ressent une véritable passion quand Solenn parle de sa profession qui touche différents domaines aussi bien techniques que sur des contenus purs. Elle qui a découvert l’intérêt pour l'archéologie pendant ses études en histoire de l’art et archéologie à l’université de Nantes, trouve attirant de comprendre une civilisation par ses objets. Solenn se dit plus attachée aux objets qu’aux textes même si cela se rejoint à un moment. 

En parallèle de son activité au Chronographe, cette médiatrice dynamique et ambitieuse prépare le concours d’assistante conservateur. C’est après beaucoup d’heures de révision que Solenn se présentera en mai pour passer ce concours. Ce qui lui permettrait d’atteindre son rêve, devenir conservatrice. 

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Construire ensemble

Merci

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